Visite d'exposition

Carambolages, expo curieuse sur la curiosité

Elle a fait grand bruit à son ouverture. Carambolages est la grande exposition de printemps du Grand Palais. Elle part du principe de la Mnémosyne d’Abi Warburg, un monstre de l’iconographie qui cherchait la réminiscence des images et des symboles dans différentes cultures. L’objectif est de cheminer d’objets en œuvres d’art le long d’un fil tendu entre des symboles et des motifs. Un propos muséographie remarquable par sa simplicité.

L’exposition s’ouvre sur un espace introductif qui invite le visiteur à se laisser porter par le parcours, à passer d’œuvres en œuvres, à écouter ses yeux. La scénographie est constituée de grands dominos entre lesquels on chemine. Les cartels sont reportés à des écrans dans les contre-allées. Cela permet de se concentrer sur ce qu’on voit, à percevoir le fil entre les différents objets. Les cartels peuvent aider à trouver un lien qui manque, ou pas. Parfois c’est dans la séquence qu’on retrouve le lien. Et parfois c’est aussi un visiteur qui donne la réponse. L’exposition est intéressante à verbaliser (puisqu’il n’y a pas de texte à part en introduction). Cela permet d’identifier le lien et de lancer des conversations.

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Vue des cimaises en domino où les œuvres sont exposées.

Plusieurs œuvres ou objets peuvent avoir le même lien, puis un objet fera le pivot entre deux thèmes. Arts classiques, contemporains, ethnographies s’entremêlent pour tisser un fil culturel qui crée des ponts. La démarche est très intéressante, innovante dans une exposition. Cela peut aussi déstabiliser les visiteurs. Une aide à la visite est proposée pour les enfants et peut aider les plus grands à percevoir le principe. Visiter Carambolages, c’est un risque à prendre aussi. Celui de ne pas comprendre, de passer à côté. Et si ça arrive, je pense que c’est une grande déception, surtout en considérant le tarif d’entrée.

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Grâce aux reproductions, les visiteurs peuvent faire leurs propres associations.

Ce qui m’a manqué ce sont des informations sur les œuvres. Certaines étaient vraiment inédites ou avaient des références que leur nom n’évoquait pas. Il y a un côté premier degré qui fait parcourir l’exposition en surface, rapidement. On voit tout mais sans se rappeler vraiment de ce que l’on a vu. L’expérience est sympa, le voyage divertissant mais qu’en retient-on ? Pas grand chose, si ce n’est qu’on peut regarder sans savoir et tout de même reconnaître du contenu (très léger). Cela aurait fait une bonne première partie. Pour ensuite découvrir un autre fil allant plus en profondeur. Peccadille, sur Orion en Aéroplane, regrette l’absence de plusieurs auteurs. Je la rejoins. Sur le parcours on sens les obsessions du commissaire. Même pour le visiteur, qui est invité en milieu de parcours à créer ses propres associations (via une application et des reproductions), il y a peu d’échanges.

Pour vivre l’expérience et participer à Carambolages, c’est jusqu’au 4 juillet 2016 au Grand Palais !

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